Abbaye Notre-Dame de Sénanque
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Homélies

Homélie du mercredi 14 février 2018

Mercredi des Cendres - Année B

Par le Frère Jean-Marie

Le texte de cette homélie n’a pas été relu par le prédicateur

(Le style oral a été conservé)

Frères et sœurs bien aimés, les lectures de ce jour en ce mercredi des Cendres nous montrent comment guérir du péché et plus largement de nos maladies spirituelles, toutes liées au péché.

Premièrement en se détournant du mal. Nous avons un choix à faire, un choix radical, se détourner du mal et fuir le mal et le péché. Parfois se détourner ce n’est pas simplement changer de route mais c’est de partir en arrière en courant pour fuir car c’est un acte de bravoure que de savoir reculer pour gagner.

Ce n’est pas une fuite de défaite, c’est une fuite stratégique! Comme les armées qui peuvent provoquer l’autre armée, se retirer et préparer la contre-offensive.

Et bien nous devons savoir aussi manier l’épée surnaturelle dans notre vie spirituelle puisque c’est un combat. L’Église nous introduit aujourd’hui dans le combat de la vie spirituelle, ce n’est pas de tout repos.

Se détourner du mal, fuir le mal et le péché.

Ensuite se tourner vers Jésus. Il ne s’agit pas de simplement fuir le mal, il faut se tourner vers Jésus: se réorienter ou plus exactement s’orienter puisque Jésus est l’Orient, le grand Orient, l’Orient qui vient nous éclairer.

Et donc se tourner vers Jésus, vers le soleil de justice et tout attendre de lui. Dans St Jean, Jésus nous dit «Hors de moi vous ne pouvez rien faire» et ce temps de carême doit nous persuader, si nous n’en sommes pas encore persuadés, qu’en dehors de lui nous ne pouvons rien faire!

Et ce serait orgueil, présomption de dire «je vais m’en tirer tout seul, je vais trouver une solution, et Dieu m’aidera par la suite». Non!

Se tourner vers Jésus.

Enfin troisième élément: savoir prendre les moyens nécessaires pour guérir; nous devons agir, la prière, le jeûne, l’aumône.

Tout d’abord la prière, savoir prendre du temps pour Dieu. Le temps est peut-être la richesse la plus importante que nous ayons! C’est notre vie, on verse le sang de notre vie en donnant du temps.

Donner du temps gratuit pour Dieu, dans la liturgie, l’Eucharistie, le sacrement de pénitence mais aussi la prière personnelle, prendre du temps… le matin, dans la journée, le soir.

Puis jeûner, nous sommes appelés à jeûner. Non simplement pour maigrir, être svelte, etc… non!

Jeûner pour réparer le péché, pour nous détourner de l’idolâtrie et suivre le Seigneur. Être à jeun pour être en quelque sorte plus jeune pour courir sur la voie des commandements divins. Et cela non seulement au niveau alimentaire et de la boisson qui sont importants mais qui ne sont pas essentiels d’un certain côté, mais de savoir se détourner, de jeûner de tout ce qui peut nous entraver.

Aujourd’hui nous pouvons nous poser la question: «qu’est-ce-que c’est qui me rend esclave?», au lieu d’être des moyens, nous rend esclaves. Ça peut être la télévision, internet ou cette obsession collective qui s’appelle le smartphone ou l’IPhone, où de manière pathologique des personnes restent des heures sans s’apercevoir qu’ils sont complètement pris par une addiction - même si l’appareil lui-même n’est ni bon ni mauvais, c’est un appareil - mais l’usage devient disproportionné et maladif.

Enfin l’aumône, l’aumône.

Savoir partager, tout d’abord partager son argent. Même si on a peu, et bien, de donner un peu, pour les pauvres.

Puis partager son temps, partager son temps pour servir les autres. Mettre nos talents, identifier nos talents, et savoir se mettre au service des autres avec le talent que l’on a.

Chaque homme, chaque femme a des talents! Et de savoir les partager!

Alors on aimerait toujours partager le talent qu’on n’a pas, évidemment! Mais nous sommes invités à partager le talent que Dieu nous a donné ou les talents… pour les partager. Et cela prend du temps! C’est une forme d’aumône!

D’être appauvri en donnant son temps pour les autres: pour des jeunes, des personnes âgées, des malades, des personnes en fin de vie…prendre le temps! Nous avons le temps que nous choisissons!

Et nous sommes appelés à brûler par amour le temps qui nous appartient pour servir Dieu et notre prochain.

Alors que ce temps du Carême soit un temps de conversion véritable et qu’il continue tout au long de notre vie.